Pourquoi la quinzième semaine contre l’Apartheid Israélien du 18 mars et le 8 avril 2019?

Soumis par admin le mer 20/02/2019 - 20:49
IAW-2019
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La semaine 2019 contre l’apartheid israélien sera une plateforme importante pour le lancement de la campagne pour un embargo militaire contre Israël.

Plus de 200 villes à travers le monde devront se donner rendez-vous entre le 18 mars et le 8 avril 2019 pour célébrer la quinzième semaine contre l’apartheid Israélien et le thème choisi cette année : « Stop à l’armement du colonialisme ».

 

Pourquoi : « Stop à l’armement du colonialisme » ?

Le choix du thème de cette année « Stop à l’armement du colonialisme » est motivé par le fait que si Israël parvient à maintenir son occupation illégale et son régime d’apartheid sur les Palestiniens, c’est grâce en partie à ses ventes d’armes et au soutien militaire qu’il reçoit de divers gouvernements de par le monde.

Ces ventes d’armes financent le régime d’apartheid d’Israël et son occupation illégale, tout en accentuant simultanément la militarisation et la persécution de mouvements populaires et de localités opprimées dans les pays qui les achètent.

Le mouvement international de Boycott Désinvestissement et de Sanctions (BDS) piloté par la société civile palestinienne a réitéré la demande d’un embargo militaire sur Israël, au vu de la violente répression par Israël de la Grande Marche du Retour. Des organisations de défense des droits humains dans le monde, comme Amnesty International, ont aussi formulé cette demande en réponse au massacre israélien à Gaza.

L’apartheid en Afrique du Sud fut défait, pourquoi pas en Israël ?

 

Au-delà de la campagne pour un embargo militaire contre Israël, le but de ces manifestations est de dénoncer la politique d’apartheid de cet Etat, épinglé maintes fois dans plusieurs rapports internationaux, à l’instar de celui-ci intitulé : « Les pratiques israéliennes à l’égard du peuple palestinien et la question de l’apartheid » préparé par Richard Falk et Virginia Tilley pour la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) des Nations Unies.

 

En mettant en exergue la politique d’apartheid suivie par l’Etat d’Israël, les auteurs de ce rapport édifiant rappellent que l’expression « apartheid » a été « originellement associée à l’exemple particulier de l’Afrique du Sud, elle désigne désormais un type de crime contre l’humanité dans le cadre du droit international coutumier et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, selon lequel:  Par « crime d’apartheid », on entend des actes inhumains… commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime » (Résumé, p9)… « L'expression «crime d'apartheid», qui englobe les politiques et pratiques semblables de ségrégation et de discrimination raciales, telles qu'elles sont pratiquées en Afrique australe, désigne les actes inhumains indiqués ci-après, commis en vue d'instituer ou d'entretenir la domination d'un groupe racial d'êtres humains sur n'importe quel autre groupe racial d'êtres humains et d'opprimer systématiquement celui-ci » (Idem).

 

Depuis des décennies, les Palestiniens souffrent de moult pratiques discriminatoires et de mauvais traitements au quotidien. Bafoués et brimés dans leurs droits élémentaires, ils vivent sous occupation, comme les résidents de Jérusalem Est, dans des camps de réfugiés. Ils sont souvent les cibles d’attaques périodiques massives comme celle de 2014 contre la population de Gaza qui subit depuis longtemps, une asphyxie totale du fait du blocus israélien. Et pour reprendre les termes de ce rapport : « L’affirmation centrale de notre rapport est que cet ensemble de conditions correspond légalement à celles de l’apartheid, tel que ce crime international est défini dans la Convention de 1973 sur la prévention et la punition du crime d’apartheid et dans l’article 7 du Statut de Rome établissant le cadre légal de la Cour pénale internationale » (Préface partie française, p3).

 

De plus, la loi fondamentale adoptée le 19 juillet 2018 par le Parlement israélien (la Knesset) symbolise cette officialisation de l’apartheid à l’israélienne. Elle s’intitule « État-nation du peuple juif » et mentionne explicitement que le : « Le droit à exercer l’autodétermination nationale au sein de l’État d’Israël appartient au seul peuple juif ».

 

Jadis, dans les années 1970, les organisations et les personnes éprises de paix, de justice et de liberté s’étaient élevées d’une seule voix pour dénoncer et venir à bout du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, nous devons aussi nous mobiliser avec la même fougue et le même esprit pour mettre à nu cette politique d’apartheid de l’Etat israélien contre les palestiniens, les communautés non-juives, et dénoncer le traitement inhumain infligé à la population gazouie. Pour paraphraser le rapport des experts onusiens : « C’est seulement en démantelant ce régime d’apartheid qui est fondé sur une structure de domination raciale d’Israël sur le peuple palestinien délibérément fragmenté que peut être ouverte la voie pour une diplomatie crédible, qui vise enfin à réaliser une paix durable pour les deux peuples… » (Préface à la traduction française, p 3)

 

Les évènements marquants

La semaine contre l’apartheid israélien (IAW) comporte une série d’événements qui visent à élever le niveau de conscience sur le régime d’apartheid exercé par Israël sur le peuple palestinien et à construire le soutien pour le mouvement croissant de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Des événements tels que des conférences, des projections de films, des actions, des performances culturelles, de l’affichage, parmi beaucoup d’autres choses, aident à l’organisation à la base d’une solidarité effective avec la lutte de libération du peuple palestinien.

A tous les groupes progressistes, aux personnes qui œuvrent pour la justice, la liberté  et au respect des droits des peuples, il revient à nous d’organiser pendant cette quinzaine des événements partout ; au campus universitaires, et dans les villes, pour populariser la campagne pour un embargo militaire contre Israël et dénoncer de manière vigoureuse l’apartheid israélien sous toutes ses formes.

La Campagne Tunisienne pour le Boycott Académique et Culturel d'Israël (TACBI).