Un haut responsable du syndicat israélien Histadrout invité régulier des conférences de normalisation avec l’ennemi sioniste en Tunisie

Soumis par admin le sam 19/10/2019 - 10:51
Roby Nathanson
Auteur

La Campagne Tunisienne pour le Boycott Académique et Culturel d'Israël (TACBI) est en mesure de révéler que la conférence  de normalisation avec l'ennemi sioniste « Menaces non traditionnelles et sécurité en Méditerranée » qui s'est tenue à Tunis du 14 au 17 octobre 2019, n'en est pas à sa première édition. En effet, les mêmes organisateurs, l'Institut européen de la Méditerranée (IEMed) et le Centre d'études stratégiques sur le Proche-Orient et l'Asie du sud, avaient déjà organisé une conférence à Tunis du 14 au 16 octobre 2018 sur le thème « Promouvoir le développement socio-économique dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ».

L'un des invités réguliers de ces conférences de normalisation, aussi bien en 2018 qu'en 2019, est Roby Nathanson, un haut responsable de la Histadrout, le principal syndicat de travailleurs israéliens. Il était même l'un des intervenants de la 4ème session de la conférence de 2019 sur « la  géopolitique du gaz naturel en Méditerranée orientale ». Roby Nathanson a assumé plusieurs responsabilités au sein de ce syndicat israélien depuis les années 80. Il a été nommé directeur de l'Institut de recherche économique et sociale de la Histadrout en 1989. Il a dirigé en 1995 l'administration de la planification économique et sociale d'Israël, dépendant du bureau du Premier ministre. Depuis 1995, il dirige le Centre Marco pour l'économie politique  (Macro Center for Political Economics) basé à Tel Aviv.

La Histadrout est un occupant, un élément constitutif de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est annexée. Elle a participé activement à l'occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est depuis que le Premier ministre et ministre du Travail de facto (par intérim) Yigal Allon a présenté le premier plan de colonisation de la Cisjordanie en juillet 1967, un mois après la guerre des six jours. Le plan consistait à annexer les plus grandes parties de la vallée du Jourdain, Jérusalem-Est et le bloc Etzion, tandis que le reste de la crête peuplée de la Cisjordanie et un corridor vers Jéricho étaient offerts à la Jordanie, plan que le Roi Hussain a refusé.

Depuis toujours, la Histadrout a été un entrepreneur majeur dans l'expansion des colonies, malgré les changements de gouvernement au pouvoir en Israël. Le «Père de la Nation » d'Israël, David Ben Gourion, premier secrétaire général de la Histadrout, a proclamé que « sans la Histadrout, je doute que nous aurions eu un Etat ». Le contenu de cette citation s'applique très bien à l'époque actuelle : sans la Histadrout, la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est n'aurait pas été aussi complète qu'elle l'est actuellement. Et elle se poursuit avec une ardeur renforcée, en continuant à avoir la Histadrout à ses cotés. Ce syndicat gagne beaucoup d’argent grâce à la colonisation.

La première conférence syndicale palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël (BDS) tenue à Ramallah le 30 avril 2011, organisée par la quasi-totalité du Mouvement syndical palestinien a fermement condamné la Histadrout et a appelé les syndicats internationaux à rompre tout lien avec cette organisation en raison de sa complicité historique et actuelle dans les violations par Israël du droit international et des droits des Palestiniens. La conférence rappelle en particulier que la Histadrout retient illégalement plus de 8,3 milliards de NIS (environ 2,43 milliards de dollars), depuis des décennies d’occupation, sur les salaires perçus par les travailleurs palestiniens des Territoires palestiniens occupés, déduits au titre d'« avantages sociaux et autres avantages syndicaux » dont les travailleurs palestiniens des Territoires palestiniens occupés n’ont en réalité jamais bénéficiés.

Unison, le plus grand syndicat du Royaume-Uni avec près de 1,4 million de membres, a suspendu ses relations avec la fédération syndicale israélienne, Histadrout en 2011.

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), connu pour son soutien historique à la cause palestinienne et sa lutte acharnée contre la normalisation avec l'ennemi sioniste, a toujours milité contre la Histadrout dans les organisations et les forums internationaux, en particulier au sein de Confédération internationale des syndicats.

Signalons enfin qu'un autre participant régulier à ces conférences de normalisation, aussi bien en 2018 qu'en 2019, est la Fondation Jasmin dirigée par Tasnim Chirchi, la fille de Rached Ghannouchi président-fondateur du parti politique Ennahdha. L'annonce en anglais de la conférence de 2018 présente cette Fondation comme étant une collaboratrice des deux organisateurs, l'Institut européen de la Méditerranée (IEMed) et le Centre d'études stratégiques sur le Proche-Orient et l'Asie du sud.

Nous appelons l'UGTT à enquêter sur les conditions d'entrée en Tunisie de Roby Nathanson, haut responsable de la Histadrout, et à poursuivre en justice les organisations nationales et internationales qui auraient facilité de près ou de loin son entrée.

La Campagne Tunisienne pour le Boycott Académique et Culturel d'Israël (TACBI).