Épreuve de français, ou épreuve de normalisation ?

Soumis par admin le mer 22/07/2020 - 08:05
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La Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (TACBI) a appris avec consternation que l'épreuve de français du Concours national d'entrée aux écoles d'ingénieurs en Tunisie portait cette année sur un extrait du livre « Sapiens, Une brève histoire de l’humanité » de l'auteur israélien et professeur à l'université hébraïque de Jérusalem Yuval Noah Harari.

En cette année où le président américain Trump a annoncé son « accord du siècle » qui vise à consolider le régime d’apartheid israélien sur le peuple palestinien, et à planter le dernier clou dans le cercueil du « processus de paix » moribond, alors que le premier ministre israélien Netanyahou s’apprête à annoncer l’annexion d’une portion importante de la Cisjordanie, les professeurs de français en charge de la préparation de cet examen n’ont rien trouvé de mieux que de demander aux élèves de résumer un texte d’un auteur israélien écrit initialement en hébreu et traduit en français (sans mentionner le nom du traducteur Pierre-Emmanuel Dauzat). Quelles leçons de français les élèves peuvent-ils tirer de cette traduction ?

Comme toutes les universités israéliennes, l’Université Hébraïque de Jérusalem, où travaille Yuval Noah Harari, a depuis des décennies joué un rôle clé dans la planification, l’implémentation, la justification et le blanchiment des politiques racistes et colonialistes du régime israélien d’occupation, de colonialisme de peuplement et d’apartheid. Elle a en particulier contribué cette année à la répression menée par la police israélienne à l’encontre du quartier de Issawiyah de Jérusalem occupée en bloquant une des deux seules entrées à ce quartier et en autorisant des officiers de police à le surveiller depuis un bâtiment du campus.

Les étudiants palestiniens font face à une oppression systématique et à un état de siège, y compris la torture et la brutalité à l'intérieur des centres d'interrogatoire ainsi que des restrictions massives imposées aux établissements universitaires et éducatifs palestiniens par les forces d'occupation israéliennes. Ces attaques visent à saper le développement et l’efficacité du mouvement étudiant palestinien, à refuser l’accès des Palestiniens à l’éducation et à entraver le fonctionnement des instituts de recherche, universités et écoles palestiniens, en empêchant le développement de la recherche, de la science et de l’éducation en Palestine. Chaque année, environ 500 à 700 enfants palestiniens, certains âgés d'à peine 12 ans, sont détenus et poursuivis devant les tribunaux militaires israéliens, souvent accusés de jet de pierre.

Alors que les étudiants dans le monde entier expriment de plus en plus leur solidarité avec le peuple palestinien et leur rejet des politiques d'apartheid, de colonisation et d'occupation israéliennes, y compris dans les plus prestigieuses universités comme Harvard, les étudiants tunisiens planchent lors du Concours national d'entrée aux écoles d'ingénieurs sur un texte d’un historien israélien à la mode dans les salons parisiens. Ce soit-disant « visionnaire », en dépit de déclarations ambiguës savamment contrôlées, n’a jamais pris ses distances avec le sionisme, ni même avec la contribution active de son université à la répression des Palestiniens.

La Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël condamne avec la plus grande fermeté cet acte insidieux de normalisation avec l’ennemi sioniste qui vise à inhiber les velléités d’opposition de la jeunesse tunisienne et à inculquer chez eux un complexe d’infériorité vis-à-vis du colonisateur. Nous exigeons des sanctions à l’encontre des professeurs qui ont choisi le sujet de l’épreuve de français au Concours national d'entrée aux écoles d'ingénieurs en Tunisie en 2020.


La Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (TACBI)