Science dans la Bande de Gaza : l’impact de l’occupation israélienne

Soumis par admin le ven 12/01/2018 - 19:14

Pour devenir un ou une scientifique dans la Bande de Gaza, il faut surmonter d’énormes difficultés ; un aperçu en est donné dans cette brève, mais remarquable vidéo. La vidéo a été montrée pour la première fois à notre Première Conférence internationale pour la Science en Palestine à l’université de Cambridge.

Cet effort aurait été impossible sans l’incroyable collaboration d’Afnan Alostaz, Mohammed Sabbah et Muhammed Zourob.

Scientists for Palestine

Transcription de la vidéo

« Scientifiques pour la Palestine »

présente

Science dans la Bande de Gaza

l’impact de l’occupation israélienne

Bonjour de Gaza

Je suis Mohamed Zourob et j’étudie la physique à l’Université islamique de Gaza.

[Légende : Mohamed Zourob, étudiant en physique]

Et je suis Afnan Alostaz, je travaille comme coordinatrice de projets scientifiques à Gaza.
[Légende : Afnan Alostaz, coordinatrice en physique]

Dans cette brève vidéo

nous mettons en lumière l’impact du siège

sur les institutions d’éducation et sur les opportunités des étudiants hors de Gaza.

[Afnan Alostaz parle]

Ce sont des récits de ce qui se passe à Gaza,

et à quoi cela ressemble d’être scientifique en Palestine.

[Rami Morjan parle]

C’est vraiment très difficile de décrire la situation des étudiants de la Bande de Gaza.

Les étudiants de Gaza sont les victimes de l’occupation israélienne,

ils sont les victimes du siège,

donc ceci est un message pour les gens à l’extérieur de Gaza,

pour qu’ils s’intéressent aux étudiants de Gaza et qu’ils les soutiennent.

Ils méritent une bien meilleure chance d’accès à l’enseignement et à la recherche scientifique.

[Afnan Alostaz parle]

J’ai raté trois fois des opportunités :

Deux d’entre elles étaient dans des Écoles de physique supérieure en Cisjordanie,

et la dernière était le mois dernier au Maroc.

À cause de la fermeture du passage frontalier à Rafah,

et de la procrastination des autorités israéliennes dans l’émission de mon permis de voyager,

j’ai raté cette opportunité.

[Mohamed Zourob parle]

Cette année, j’ai raté trois chances de participer à des écoles avancées de physique et d’astrophysique.

Et il n’y a rien d’étrange là dedans,

parce que c’est la situation normale ici à Gaza.

Et même lorsqu’on obtient un permis, on vous demande tellement de choses…

Donc, en tant qu’étudiant à Gaza,

on peut faire beaucoup d’efforts, parfois pendant des années,

la seule chose qui vous bloque est la frontière.

[Rami Morjan parle]

Ce qui va de soi pour les gens hors de Gaza,

par exemple l’enseignement et la recherche scientifique,

[à Gaza] il n’y a pas d’électricité pour étudier,

l’infrastructure des laboratoires est très mauvaise

parce qu’Israël considère n’importe quoi comme un danger à sa sécurité.

Nous n’avons pas l’autorisation d’acquérir des produits chimiques

ou quoi que ce soit de ce qui est indispensable pour conduire des recherches scientifiques.

[Maher Al-Gusain parle]

La plupart des problèmes viennent de la fermeture de la frontière, depuis l’extérieur, par les Israéliens.

Nous ne pouvons pas importer facilement de l’équipement depuis l’extérieur,

par exemple des machines à rayons X, des compteurs Geiger, des scintillateurs,

Nous avons fait des simulations après cela,

en cherchant des programmes pour faire de la physique virtuelle.

Nous avons eu une mauvaise expérience la dernière fois

quand le bâtiment a été détruit par les Israéliens pendant la guerre.

Tous les laboratoires ont été détruits

et il est très difficile de trouver quelqu’un

pour défendre les questions d’éducation et de recherche.

[Zeyad Al-Sahhar parle]

De manière générale il y a un grand intérêt pour la science chez les étudiants ici à Gaza.

Malgré le siège en plus des conditions difficiles à Gaza,

nous sommes encore impliqués, déterminés

à maintenir le processus de développement et d’ouverture au monde extérieur

par des collaborations de recherche, des échanges d’étudiants,

la construction de nombreux liens entre les universités palestiniennes et le monde extérieur,

la participation à l’organisation de conférences internationales.

[Hazem Skaik parle]

En 1994, 1995, 1996,

j’avais l’habitude de voyager facilement depuis Gaza, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France,

puis la situation à Gaza a commencé à devenir très difficile,

les transports à l’intérieur de Gaza sont devenus très difficiles pour nous.

Et le siège nous empêche également de voyager facilement.

Nous n’obtenons pas l’autorisation des autorités israéliennes.

Sur 24 heures, nous avons 3 heures d’électricité,

ce qui rend la vie impossible, très difficile.

Après avoir monté une expérience en nanotechnologie, j’ai postulé pour une subvention.

Nous avons commencé à préparer nos laboratoires à acheter de l’équipement,
et à acheter certains produits chimiques.

On ne peut pas obtenir ces produits chimiques parce qu’ils ont besoin d’une autorisation.

Nous avons été confrontés à des difficultés pour poursuivre cette recherche

et nous avons perdu la subvention.

[Maher Al-Gusain parle]

Nous espérons donc que tout ceci pourra être résolu,

tous les problèmes existant dans la Bande de Gaza,

et dans toute la Palestine.

[Zeyad Al-Sahhar parle]

Permettez-moi d’exprimer mes sincères remerciements

aux organisateurs de cet événement spécial sur la science en Palestine.

Nous espérons que cet événement

aura un grand impact pour promouvoir la science en Palestine.

[Hazem Skaik parle]

Comme chercheur palestinien en physique

j’espère que nous pourrons voyager et faire de la recherche à l’étranger.

[Rami Morjan parle]

Donc ceci est un message pour les gens à l’extérieur de Gaza,

pour qu’ils s’intéressent aux étudiants de Gaza et qu’ils les soutiennent.

Ils méritent une bien meilleure chance d’accès à l’enseignement et à la recherche scientifique.

[Hazem Skaik parle]

Merci beaucoup.

[Zeyad Al-Sahhar parle]

Merci.

....

Scientifiques pour la Palestine

Merci à la durable détermination des scientifiques de Gaza

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Publiée par Scientists for Palestine en anglais et traduit en français par l'AURDIP