Ahed Tamimi et sa famille honorés par l'Union générale tunisienne du travail et la Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d'Israël

Soumis par admin le mer 03/10/2018 - 07:55
Ahed-TACBI-UGTT
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Tunis le 3 octobre 2018 – Trente trois ans après le massacre sioniste contre le quartier-général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Hammam Chott, jour pour jour, l’icône de la résistance palestinienne Ahed Tamimi et ses parents Bassem et Nariman Tamimi et ses frère Mohamed et Sallem sont arrivés à Tunis dans le cadre d’une tournée internationale pour témoigner de l’oppression, de l’injustice et des traitements dégradants que subissent régulièrement les Palestiniens et pour dénoncer l’impunité totale des crimes commis par l’Etat sioniste.

Ahed Tamimi avait fêté ses 17 ans en prison, en janvier dernier. Elle avait été arrêtée le 19 décembre, après avoir « bousculé » quatre jours plus tôt des soldats de l’occupation à Nabi Salih, en Cisjordanie occupée, au cours d’une manifestation contre la reconnaissance, par l’administration de Donald Trump, de Jérusalem comme capitale d’Israël. La campagne pour sa libération, menée dans de nombreux pays, avait permis sa sortie de prison en juillet dernier.

A l’occasion de cette visite, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et la Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (TACBI) ont honoré Ahed Tamimi et sa famille pour leur courage et leur résistance face au colonisateur sioniste, lors d’une cérémonie publique qui a eu lieu mardi 2 octobre à 16h à la Salle Ahmed Tlili au siège de l’UGTT.

A travers Ahed et Nariman Tamimi, l’UGTT et TACBI rendent hommage à tous les prisonniers politiques palestiniens détenus en Israël, en violation flagrante du droit international, dont beaucoup sont en « détention administrative » (c’est-à-dire emprisonnés sans inculpation ni procès). Parmi eux, il y a de nombreux enfants, détenus dans des conditions extrêmement difficiles.

L’UGTT et TACBI ont lancé, lors de cette cérémonie, un appel à la société civile tunisienne pour renouveler efficacement son soutien historique à la cause palestinienne. Après 70 ans de Nakba quotidienne et continue pour le peuple palestinien, il est temps de transformer nos slogans en actes. Face à la complicité des puissances mondiales avec les politiques de colonisation et d'apartheid israéliennes,  au cynisme de leurs dirigeants, au soutien avéré de certains régimes arabes et à l'indifférence des autres, le mouvement international BDS  (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) est aujourd'hui l’un des instruments les plus viables  pour changer la donne. Piloté par la société civile palestinienne, BDS vise à promouvoir la liberté, la justice et l'égalité en mettant un terme au soutien international à l'oppression des Palestiniens par Israël et à faire pression sur l'état sioniste pour qu'il se conforme au droit international. Ils ont également appelé à combattre toutes les formes de normalisation des relations du monde arabe avec l’État colonial sioniste.

Ahed Tamimi a commencé son discours en remerciant le public et le peuple tunisien et en déclarant « nous vous considérons comme nos partenaires dans notre cause ». Elle a exprimé la détermination de sa génération à poursuivre la lutte contre l’occupation en changeant les méthodes d’action, afin de donner plus d’efficience au combat du peuple palestinien pour la libération de sa patrie, lequel est aussi un combat en faveur de tous les opprimés de la terre. Elle a déclaré, par ailleurs, « nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des résistants, la victime est celle qui accepte l’humiliation et la soumission et ne résiste pas ». Elle a conclu en appelant les peuples à faire pression sur leurs gouvernements pour qu'ils soutiennent la cause palestinienne, car seuls les peuples peuvent changer la donne : il s'agit précisément du principe fondateur de la Campagne international BDS , qui s'appuie principalement sur le rôle de la société civile dans toute action pour faire avancer cette cause.

La mobilisation citoyenne au mois d’août dernier, menée par l’UGTT et TACBI, suite à la découverte des activités commerciales de la compagnie de transport maritime israélienne ZIM en Tunisie, a eu raison des deux tentatives du navire Cornelius A, exploité pour le compte de ZIM, d'accoster à Radès et a obligé cette entreprise à suspendre ses activités commerciales en Tunisie, pour une durée indéterminée. Cette victoire de BDS montre clairement que la lutte pour les droits des Palestiniens est menée de la manière la plus efficace non par des gouvernements apeurés et opportunistes, mais par les engagements moraux et éthiques de larges pans de la société civile.

A cet effet, l’UGTT et TACBI lancent un appel pressant aux représentants du Peuple tunisien pour qu’ils créent une commission d’enquête parlementaire afin que soient révélées au grand jour toutes les activités de ZIM en Tunisie et que la lumière doive être faite, plus généralement, sur les relais et les partenaires des entreprises israéliennes dans notre pays. Des sanctions doivent être prises contre les éventuels collaborateurs avec l’État colonial sioniste. Le droit international, notre Constitution et la morale l’imposent.


Union générale tunisienne du travail
Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d'Israël