David Lloyd

Albert Memmi: Contradictions of the colonial condition

Soumis par admin le jeu 25/06/2020 - 22:17
Memmi himself was no more immune than any of us to the inhabitation of contradiction. An Arab Jew who denied the possibility of such an identity, blaming on Muslim hostility an erasure that has also been a crucial element of Zionist policy; a brilliant anti-colonial theorist who defended Israel’s settler colony to the last; a “left Zionist” who acknowledged that Israel’s occupation was politically and morally wrong, even as his own writings imply the inevitability of its logic; a French colonial subject who declared that “his true homeland was not the country itself, but the French language”, he would describe his work as “an attempt at…reconciliation between the different parts of myself.” In the end, he inhabited what he so well identified as an “impossible historical situation”, and if that culminated in his own rightward turn, as a colonizer who accepted, we may find the logic of that trajectory in his own unsurpassed analysis of settler colonial relations. That he should fall victim himself to the contradictions of the colonial condition that he so clearly grasped takes nothing from the continuing relevance of that work to the actuality of the state to which he eventually lent his allegiance.

Albert Memmi : les contradictions de la condition coloniale

Soumis par admin le jeu 25/06/2020 - 07:54
Memmi lui-même n’était pas plus immunisé qu’aucun d’entre nous à être habité par une contradiction. Un juif arabe qui nie la possibilité d’une telle identité, blamant une hostilité musulmane pour un effacement qui a aussi été un élément crucial de la politique sioniste ; un théoricien anti-colonial brillant qui a défendu jusqu’au bout la colonie israélienne ; « un sioniste de gauche » qui a reconnu que l’occupation d’Israël était politiquement et moralement mauvaise, alors même que ses propres écrits impliquent que sa logique était inévitable ; un sujet colonial français qui a déclaré que « sa vraie patrie n’était pas le pays lui-même, mais la langue française », décrivant son oeuvre « comme une tentative de … réconciliation entre les différentes parties de moi-même ». A la fin, il a habité ce qu’il identifiait si bien comme une « situation historique impossible » et si cela a culminé dans son propre virage vers la droite, comme un colonisateur qui s’est accepté, nous pouvons trouver la logique de cette trajectoire dans sa propre analyse inégalée des relations coloniales. Qu’il doive lui-même tomber victime des contradictions de la condition coloniale qu’il saisissait si clairement n’enlève rien de la pertinence constante de son œuvre pour l’actualité de l’état auquel il a fini par prêter allégeance.